Depuis trois mois, FITIMA Guinée a initié un projet d’étude scientifique sur les IMOCs en Guinée en collaboration avec le service de neurologie de l’hôpital national d’Ignace Deen. Cette étude réalisée pour la première fois en Guinée, a été menée sur des enfants qui ont un handicap-psychomoteur à travers une série de consultation gratuites.

Les activités de FITIMA étant basées sur la prise en charge paramédicale et la prise en charge socio-éducative, cette étude menée par des spécialistes du domaine, avait pour but de non seulement recueillir des données statistiques fiables, mais aussi de maîtriser le contexte dans lequel nous menons nos activités afin de faire une meilleure prise en charge.

L’infirmité Motrice d’Origine Cérébrale (IMOC) est la première cause d’incapacité motrice pédiatrique. Peu d’études sur le profil des enfants atteints d’IMOC ont été réalisés en milieu tropical. L’autre objectif de ce travail était aussi de décrire l’aspect clinique, paraclinique et thérapeutique des enfants atteints d’IMOC et de décrire la qualité de vie de ces enfants et de leurs parents.

Après trois mois d’investigations, les résultats de cette étude mixte de 3 ans (allant du 1er Janvier 2017 – octobre 2020) de tous les enfants de 1-17 ans atteints d’infirmité motrice d’origine cérébrale à l’hôpital national Ignace Deen de Conakry (HNID) et à l’institut de Neurologie tropicale Pr CISSE A, ont été présenté vendredi 4 Décembre dernier, par le Pr Abass Cissé à l’hôpital Ignace Deen lors d’une conférence scientifique qui a rassemblé plusieurs médecins et acteurs de la santé. Cette dernière conférence a été organisée dans le cadre de la journée internationale des personnes atteintes de handicap, célébrée le jeudi 03 Décembre dernier dans plusieurs pays du monde. Apres l’étape des études, il fallait vulgariser les résultats de ces études au monde des professionnels de la santé qui sont au cœur de la prise en charge même.

Pr Fodé Abass Cissé, chef du service de neurologie de Ignace-Deen et investigateur principal de cette étude nous indique :

« Pour ceux qui ont des maladies musculaires, il y a un besoin de sensibiliser les populations pour qu’elles viennent tôt dans les structures spécialisées afin qu’elles soient prises en charge. Parce qu’il y a des traitements qui sont disponibles. Dans le cas contraire, on peut les accompagner dans le cadre de la prise en charge. Ce qui ressort de l’étude, c’est que la qualité de vie de ces enfants et des parents est très impactée. Donc, nous pensons que ces affections doivent rentrer dans l’agenda du ministère de l’Action sociale ; mais aussi dans l’agenda du ministère de la santé pour que leur diagnostic soit fait, pour qu’une meilleure prise en charge soit fait, pour que la dignité de ces enfants et de leurs parents soit respectée ».

Les résultats de cette étude nous montrent que pour les IMOC :

  • Sur 52 patients colligés, l’âge moyen était de 25 à 56mois.
  • Les principaux facteurs de risque étaient à 69,2% des infections post natales, 36 ,8% de l’anoxie cérébrale et 28,8% de la consanguinité.
  • Les motifs de consultation étaient 67, 3% des déficit moteur, 53,8% de l’hypotonie axiale, 50% de l’hypertonie des membres et 20% du retard des acquisitions motrices portant sur la station assise et la marche.
  • 27 patients souffraient de paralysie cérébrale sévère (niveaux de GMFCS 4 à 5).
  • On notait 50% de troubles du langage, 44,2% d’épilepsie, 28,8% de troubles cognitifs et 15,3% de troubles visuels.
  • Devant l’IMOC, 48, 1% des cas ont fait un premier recours thérapeutique à la médecine traditionnelle.
  • Les mères rapportent que l’IMOC a un impact sévère de sur leur qualité de vie émotionnelle, adaptative et général avec un score des réponses estimé à 3,6 %.